Pas d'article depuis deux mois.
Manque d'inspiration ?
Peur de la page blanche ?
Non, simplement d'autres projets en tête, et finalement peu de temps pour écrire sur le blog.
Un roman ?
Qui sait...
En attendant, il faudra patienter.
A bientôt ?
Quelques mots, quelques phrases, parfois plus... Des envies d'écriture, des textes, des articles, des nouvelles...
lundi 19 août 2013
dimanche 30 juin 2013
Noces de coton...
C'était un regard, comme ça, jeté derrière l'épaule. Un regard inquiet, mais aussi rassurant. Un regard pour chercher du soutien, ou un sourire. Un regard presque anodin, mais qui, ce jour-là, avait toute son importance.
Il faisait chaud. Nous avions attendu longuement. Presque un an en fait. Les préparatifs s'étaient faits dans la joie, mais aussi parfois dans l'inquiétude. Il s'était préparé de son côté. Et moi du mien. J'attendais avec impatience le moment des retrouvailles.
Lorsque nos deux familles se sont réunies, et que j'ai vu son oeil briller, je me suis sentie belle, comme jamais auparavant.
Puis il y a eu les photos, et l'attente, sur le parvis de la mairie. De la bonne humeur, un soleil éclatant et une chaleur... écrasante. Tout le monde semblait gai, content d'être là, pour célébrer ce moment si important pour nous.
Lorsque enfin nous avons franchit la porte de la salle, mon coeur a fait des bonds incroyables dans ma poitrine, sous le bustier. La petite main de Nathan dans la mienne, la musique qui ne démarre pas au bon endroit, l'adjointe au maire qui mourrait littéralement de chaud...
Il a pris place, à mes côtés. Nous avons écouté d'une oreille le déroulement, nous avons lu nos textes, l'émotion était là. "Lorsque tu seras vieux, et que je serai vieille"... Longtemps ces mots résonneront dans ma tête, comme un refrain, presque un sacerdoce.
Ensuite, ça m'a pris. J'ai eu envie de savoir. J'ai eu envie de voir. Ou simplement de vous voir. Et je me suis retournée.
J'ai trouvé mes parents, un clin d'oeil de mon papa, un sourire de ma maman.
J'y ai vu mes grands-parents, mon papi fier comme un roi, et ma mamie heureuse d'être là.
J'y ai vu nos six témoins, tellement sincères et heureux pour nous.
J'y ai vu mes futurs beaux parents, et les larmes dans les yeux de Joëlle.
J'y ai vu des sourires, du soutien, du bonheur. J'y ai vu le plaisir d'être là, et de l'amour, beaucoup d'amour.
Alors, j'ai repris le fil du texte de l'adjointe au maire, et, remplie de tout cet amour que vous aviez su me donner, j'ai dit oui, sans hésiter, sans attendre une seconde, sans même sourciller... Car oui, le bonheur reste à venir, et oui, nous avons un million, peut-être plus, de souvenirs devant...
C'était il y a un an...
dimanche 9 juin 2013
En ce temps-là...
Le temps.
Pas celui que l'on regarde avec inquiétude tous les matins dehors. Non. Pas le mauvais, ni le beau. Pas de pluie, ni de soleil, pas celui-ci non, n'en parlons plus.
Le temps. Celui qui passe. Qui s'émiette. Qui s'entête. Celui qui tourne, qui déboule, qui s'écoule. Le temps, qui passe, inexorablement. Le temps et la montre, qui ne s'arrêtent jamais. Ce temps la même qui brise les cœurs et fait couler les yeux.
Mais qui guérit aussi. Le temps, à qui il faut laisser du temps. Ce temps qui panse les blessures, qui force l'oublie, qui efface les chagrins. Le temps qui nous permet de nous relever, ou de nous assoir un peu, pour ne plus y penser. Ce temps là qui nous soigne, et qui nous éloigne de nos plus grands malheurs.
Le temps et ses chiffres encore. Soixante secondes, un an, des siècles ou neuf mois... Le temps et ses symboles, une victoire sur cent mètres, trente-cinq années de mariage, ou quatre-vingt-dix ans de vie... Les anniversaires, la pendule sur le mur du salon, le réveil, tous les matins et le bruit incessant de la trotteuse qui fuit, en marquant les secondes.
Le temps. Qui ne passe pas. Celui qui rend impatient, nerveux. Ce temps si énervant qui s'arrête, lorsqu'on ne le veut pas, et qui se met à courir pour qu'on ne le rattrape pas. Ce temps qui se joue de nous, de nos promesses, ce temps qui nous fait croire, alors qu'il n'en est rien. Ce temps qui s'allonge, irrémédiablement, lorsqu'on attend une fin.
Celui qui nous rend fous. Qui nous rend malades, pressés, stressés. Ce temps qui nous rend dingues, au point de ne plus savoir où on en est. Qui accélère le dimanche soir, et ralentit pendant les trajets des vacances. Ce temps qui régit nos vies, et nos humeurs, ce temps qui fait de nous ce que nous sommes finalement.
Le temps. Celui qu'il faut pour venir à bout d'un projet. Celui qui nous autorise à s'allonger dans une baignoire et ne rien faire, pendant un certain temps. Celui qui nous pousse à pique-niquer dans l'herbe, à regarder un match de tennis, sans se soucier de savoir s'il passe ou non. Celui qui nous invite à l'arrêter, juste à temps... Ce temps-là même qui nous permet d'avoir du temps.
Manquer de temps. Ne pas pouvoir finir à temps. Arrêter le temps. En deux temps trois mouvements... Et surtout, de temps en temps, prendre le temps. Pour soi... Le temps d'un instant.
dimanche 26 mai 2013
26 Mai 2013
Des mots, encore des mots...
Des phrases aussi, solides, pleines de sens,
Mais muettes...
Des syllabes et des rimes, des pieds et des vers,
Des lettres...
Un texte.
Et puis des images,
L'envie d’en parler, de retrouver l’espoir,
D’y croire...
La vie,
Qu'on croque à pleines dents,
Ou qu’on insulte impunément,
La vie et l’amour
En grand...
Et le temps qui avance,
Le temps qui passe,
Qui s'attarde,
Qui nous nargue...
Ce temps qui fait peur,
Ce temps qui menace, qui agace,
Se prélasse...
Ce temps qui passe.
Et ceux qui restent
Ce temps qui passe,
Et qui dépasse
Nos points de repères,
Là.
Des mots, encore des mots,
Pour Elles.
Elles qui nous rassurent,
Elles qui nous prennent la main,
Elles qui ont ce regard
Qui nous font oublier demain.
Elles, nos mamans,
Et surtout Elle, que j’aime tant.
Des mots, encore des mots...
Des phrases, muettes et pleines de sens...
Une phrase, solide et en silence...
Deux mots, qu’on ne dit pas,
Deux mots, qu’on chuchote parfois.
Chut... Je t’aime.
Des phrases aussi, solides, pleines de sens,
Mais muettes...
Des syllabes et des rimes, des pieds et des vers,
Des lettres...
Un texte.
Et puis des images,
L'envie d’en parler, de retrouver l’espoir,
D’y croire...
La vie,
Qu'on croque à pleines dents,
Ou qu’on insulte impunément,
La vie et l’amour
En grand...
Et le temps qui avance,
Le temps qui passe,
Qui s'attarde,
Qui nous nargue...
Ce temps qui fait peur,
Ce temps qui menace, qui agace,
Se prélasse...
Ce temps qui passe.
Et ceux qui restent
Ce temps qui passe,
Et qui dépasse
Nos points de repères,
Là.
Des mots, encore des mots,
Pour Elles.
Elles qui nous rassurent,
Elles qui nous prennent la main,
Elles qui ont ce regard
Qui nous font oublier demain.
Elles, nos mamans,
Et surtout Elle, que j’aime tant.
Des mots, encore des mots...
Des phrases, muettes et pleines de sens...
Une phrase, solide et en silence...
Deux mots, qu’on ne dit pas,
Deux mots, qu’on chuchote parfois.
Chut... Je t’aime.
samedi 11 mai 2013
Aime moi (11)
Un grand lit, en bois foncé, avec un baldaquin. Elle avait toujours aimé ces lits un peu grandiloquents, qui lui faisaient faire un tour dans ses rêves de petite fille. Sur sa droite, un petit chevet, dans les mêmes teintes, avec un réveil à l’ancienne, qu’on peut remonter. Au sol, le parquet semblait avoir un siècle d’histoires à raconter. La vieille armoire qui contenait les vêtements de Lucie avait elle aussi traversé les âges. Finalement, c’est ce qu’ils avaient aimé, lorsqu’ils y avaient passé quelques jours avec Antoine. Les histoires que racontent les vieilles choses. Là-bas, dans un coin, à côté de son sac de voyage rouge, un joli arrosoir, vert anis. En l’observant attentivement, Lucie comprit alors ce qu’elle avait à faire.
- C’est là ! pensa-t-elle tout haut.
Elle caressa les courbes de l’objet. Elle avait toujours aimé collectionner les arrosoirs. Leurs formes rondes, parfois rebondies, l’excentricité de certains, la sobriété pour d’autres. Les arrosoirs étaient comme les gens finalement. Tous différents, mais Lucie aurait aimé pouvoir tous les rencontrer un jour. Oui, c’était là. Il comprendrait tout de suite. Plus d’hésitation possible. Elle fouilla dans son grand sac, en sortit une enveloppe. Elle l’enroula soigneusement, retira le pommeau de l’arrosoir, non sans avoir caressé au préalable son énorme réservoir, et glissa l’enveloppe dans le goulot. Elle remit la pomme d’arrosage en place et s’éloigna, le sourire aux lèvres, pour admirer son œuvre. Il devinerait. Il fallait qu’il devine. Sinon, cela ne mènerait à rien. Mais après tout, c’était ce qu’elle voulait savoir non ? Si ça valait le coup…
Ne trouvant pas le sommeil, sans doute trop excitée par ce qu’elle venait d’accomplir, Lucie décida de sortir marcher un peu, malgré la nuit, et le vent glacé qui soufflait depuis le début de soirée. Dehors, elle fit quelques pas, et s’installa près d’une mare, dans l’adorable petit jardin que proposait la maison d’hôtes. Les grenouilles s’étaient tues depuis une heure déjà, comme pour permettre aux touristes de profiter pleinement de leur sommeil.
- Bonsoir Lucie, je peux vous aider ? fit une voix éraillée de femme.
Lucie sursauta et se retourna. Une femme d’une soixantaine d’année se tenait derrière elle, légèrement voûtée, les mains jointes comme si elle s’apprêtait à prier.
- Bonsoir Hélène. Vous m’avez fait peur !
Hélène était la tenante de l’établissement. Elle avait passé quarante ans de sa vie à plier des draps, récupérer des objets laissés par les touristes de passage et conseiller des itinéraires plus sympathiques les uns que les autres pour les balades dans le coin. Sans oublier le petit jardin, qu’elle cultivait avec amour et passion pour les arbres, les fleurs mais aussi les animaux. Hélène aimait les chats, il y en avait des dizaines qui réclamaient chaque jour leur pitance le matin dès six heures devant la porte de sa maison. Elle aimait dire parfois qu’elle habitait avec ses invités, car son chez-elle jouxtait la maison d’hôtes, de sorte qu’en sortant de son salon, elle pouvait immédiatement entrer dans la pièce principale du bâtiment, qui contenait guides touristiques, vieux canapés, petite bouilloire et quelques vieux romans, de quoi satisfaire les touristes de passage et autres habitués. Elle avait croisé pour la première fois Lucie et Antoine en mille neuf cent… mille… elle ne savait plus très bien, en tous cas ils étaient bien jeunes, mais ils avaient tout de suite sympathisé. Hélène avait été surprise de revoir Lucie, seule, se présenter hier à l’accueil et demander la chambre Arrosoir.
- Vous ne trouvez pas le sommeil ? Il y a d’autres oreillers sur l’armoire si vous avez besoin…
- Non, ne vous inquiétez pas, tout est parfait comme d’habitude. J’ai juste un peu de vague à larmes…
- On dit plutôt à l’âme non ?
- N’est-ce pas ce que j’ai dit ?
Hélène scruta le visage de Lucie. Lorsqu’elle l’avait rencontré pour la première fois, elle l’avait trouvé très belle. Son visage encore juvénile rayonnait d’un bonheur sans limite, et d’une envie incroyable de croquer la vie à pleines dents. Aujourd’hui, son visage de jeune femme semblait déjà marqué par un vécu trop lourd à porter…
- Il fait plutôt froid ce soir, dit-elle comme pour ne pas laisser le silence les envelopper.
- Oui, mais j’aime toujours autant cet endroit, répondit Lucie.
- Vous croyez qu’un jour je trouverai quelqu’un pour prendre le relai ?
- Le relai de quoi ?
- Je n’ai pas envie que cette maison devienne un hôtel luxueux, avec spa ou jacuzzi. Je ne veux pas que des touristes américains viennent y manger des hamburgers… J’aimerais tellement garder l’esprit, l’authenticité du lieu. C’est toute ma vie ici, je n’ai connu rien d’autre, et je n’ai pas d’enfants pour le transmettre.
A ces mots, la voix d’Hélène se brisa. Comment une femme aussi magnifique n’avait-elle pas pu trouver d’homme pour lui faire de beaux enfants et transmettre son amour des belles choses ?
- Hélène, vous trouverez. Il y a encore des gens sur terre qui aime la vie telle qu’elle est : toute simple et pleine de petits bonheurs. Je vous le promets.
- Où est Antoine, Lucie ?
« On y arrive », pensa Lucie. Au loin, une chouette s’envola dans un hululement strident. Le vacarme produit, qui venait de déchirer le silence fit frissonner Lucie. Dans sa tête, elle posa bien ses mots, construisit sa phrase, pour ne pas se tromper. Puis, elle dit :
- J’espère qu’il repassera, par ici, très bientôt… Mais surtout, surtout ne lui dites pas que je suis venue. Je peux compter sur vous ?
- Motus, et bouche cousue.
Comme pour accompagner ses propres paroles, Hélène fit un trait invisible sur ses lèvres. Malgré l’âge qui marquait son visage, Lucie y trouva complicité, facétie et surtout, beaucoup d’humanité. Elles discutèrent encore, une bonne heure, de la vie qui allait et venait, de ces hommes politiques qu’elles ne comprenaient pas, de la brocante sur la place du village le lendemain, de la mer, des envies de voyage, et du temps qui passe. Rassérénée, Lucie remercia Hélène, la salua, et retourna dans sa chambre, où le sommeil l’emporta vers des contrées inattendues et nostalgiques.
- C’est là ! pensa-t-elle tout haut.
Elle caressa les courbes de l’objet. Elle avait toujours aimé collectionner les arrosoirs. Leurs formes rondes, parfois rebondies, l’excentricité de certains, la sobriété pour d’autres. Les arrosoirs étaient comme les gens finalement. Tous différents, mais Lucie aurait aimé pouvoir tous les rencontrer un jour. Oui, c’était là. Il comprendrait tout de suite. Plus d’hésitation possible. Elle fouilla dans son grand sac, en sortit une enveloppe. Elle l’enroula soigneusement, retira le pommeau de l’arrosoir, non sans avoir caressé au préalable son énorme réservoir, et glissa l’enveloppe dans le goulot. Elle remit la pomme d’arrosage en place et s’éloigna, le sourire aux lèvres, pour admirer son œuvre. Il devinerait. Il fallait qu’il devine. Sinon, cela ne mènerait à rien. Mais après tout, c’était ce qu’elle voulait savoir non ? Si ça valait le coup…
Ne trouvant pas le sommeil, sans doute trop excitée par ce qu’elle venait d’accomplir, Lucie décida de sortir marcher un peu, malgré la nuit, et le vent glacé qui soufflait depuis le début de soirée. Dehors, elle fit quelques pas, et s’installa près d’une mare, dans l’adorable petit jardin que proposait la maison d’hôtes. Les grenouilles s’étaient tues depuis une heure déjà, comme pour permettre aux touristes de profiter pleinement de leur sommeil.
- Bonsoir Lucie, je peux vous aider ? fit une voix éraillée de femme.
Lucie sursauta et se retourna. Une femme d’une soixantaine d’année se tenait derrière elle, légèrement voûtée, les mains jointes comme si elle s’apprêtait à prier.
- Bonsoir Hélène. Vous m’avez fait peur !
Hélène était la tenante de l’établissement. Elle avait passé quarante ans de sa vie à plier des draps, récupérer des objets laissés par les touristes de passage et conseiller des itinéraires plus sympathiques les uns que les autres pour les balades dans le coin. Sans oublier le petit jardin, qu’elle cultivait avec amour et passion pour les arbres, les fleurs mais aussi les animaux. Hélène aimait les chats, il y en avait des dizaines qui réclamaient chaque jour leur pitance le matin dès six heures devant la porte de sa maison. Elle aimait dire parfois qu’elle habitait avec ses invités, car son chez-elle jouxtait la maison d’hôtes, de sorte qu’en sortant de son salon, elle pouvait immédiatement entrer dans la pièce principale du bâtiment, qui contenait guides touristiques, vieux canapés, petite bouilloire et quelques vieux romans, de quoi satisfaire les touristes de passage et autres habitués. Elle avait croisé pour la première fois Lucie et Antoine en mille neuf cent… mille… elle ne savait plus très bien, en tous cas ils étaient bien jeunes, mais ils avaient tout de suite sympathisé. Hélène avait été surprise de revoir Lucie, seule, se présenter hier à l’accueil et demander la chambre Arrosoir.
- Vous ne trouvez pas le sommeil ? Il y a d’autres oreillers sur l’armoire si vous avez besoin…
- Non, ne vous inquiétez pas, tout est parfait comme d’habitude. J’ai juste un peu de vague à larmes…
- On dit plutôt à l’âme non ?
- N’est-ce pas ce que j’ai dit ?
Hélène scruta le visage de Lucie. Lorsqu’elle l’avait rencontré pour la première fois, elle l’avait trouvé très belle. Son visage encore juvénile rayonnait d’un bonheur sans limite, et d’une envie incroyable de croquer la vie à pleines dents. Aujourd’hui, son visage de jeune femme semblait déjà marqué par un vécu trop lourd à porter…
- Il fait plutôt froid ce soir, dit-elle comme pour ne pas laisser le silence les envelopper.
- Oui, mais j’aime toujours autant cet endroit, répondit Lucie.
- Vous croyez qu’un jour je trouverai quelqu’un pour prendre le relai ?
- Le relai de quoi ?
- Je n’ai pas envie que cette maison devienne un hôtel luxueux, avec spa ou jacuzzi. Je ne veux pas que des touristes américains viennent y manger des hamburgers… J’aimerais tellement garder l’esprit, l’authenticité du lieu. C’est toute ma vie ici, je n’ai connu rien d’autre, et je n’ai pas d’enfants pour le transmettre.
A ces mots, la voix d’Hélène se brisa. Comment une femme aussi magnifique n’avait-elle pas pu trouver d’homme pour lui faire de beaux enfants et transmettre son amour des belles choses ?
- Hélène, vous trouverez. Il y a encore des gens sur terre qui aime la vie telle qu’elle est : toute simple et pleine de petits bonheurs. Je vous le promets.
- Où est Antoine, Lucie ?
« On y arrive », pensa Lucie. Au loin, une chouette s’envola dans un hululement strident. Le vacarme produit, qui venait de déchirer le silence fit frissonner Lucie. Dans sa tête, elle posa bien ses mots, construisit sa phrase, pour ne pas se tromper. Puis, elle dit :
- J’espère qu’il repassera, par ici, très bientôt… Mais surtout, surtout ne lui dites pas que je suis venue. Je peux compter sur vous ?
- Motus, et bouche cousue.
Comme pour accompagner ses propres paroles, Hélène fit un trait invisible sur ses lèvres. Malgré l’âge qui marquait son visage, Lucie y trouva complicité, facétie et surtout, beaucoup d’humanité. Elles discutèrent encore, une bonne heure, de la vie qui allait et venait, de ces hommes politiques qu’elles ne comprenaient pas, de la brocante sur la place du village le lendemain, de la mer, des envies de voyage, et du temps qui passe. Rassérénée, Lucie remercia Hélène, la salua, et retourna dans sa chambre, où le sommeil l’emporta vers des contrées inattendues et nostalgiques.
[Fin du chapitre... Et de la publication...]
lundi 6 mai 2013
Celui qu'on ne doit jamais déplacer...
Petite pause dans mon roman, et en attendant, petit texte sympa, léger, comme je les aime... :)
______________________________________________________________
Au commencement, on n'y prête pas attention. Il y en a plein, alors c'est normal, et puis ce n'est que le début... L'euphorie des premiers moments est là, on trouve tout formidable, même si on trébuche dessus, on trouve tout génial même si c'est un énorme chantier.
Et puis, petit à petit, tout se range, tout s'organise. On devient plus efficace, moins rêveurs. Lui, il est posé là, à côté du bureau, ça nous énerve un peu, on voudrait lui trouver un place, mais on laisse passer. Quand on donne un coup de pied dedans, ça fait très mal, on jure, mais on ne dit surtout rien, pour ne pas gâcher ces moments si tendres, ces premiers moments si intenses, dans le premier appartement à deux.
Mais un jour, c'est la fois de trop. Il prend des proportions gigantesques. On ne voit plus que lui. La chambre semble envahie elle seule par cet unique et énorme carton. La vie ne tourne plus qu'autour de lui. On pense carton, on dort carton, on rêve carton... Alors on prend son courage à deux mains, et on tente de le déplacer. On y arrive, il trouve une place contre le radiateur. Une certaine satisfaction se fait ressentir. Puis la douleur, un mal de dos terrible, et un arrêt de travail pour un carton...
Le temps passe, les mois, le carton reste là. Il devient l'objet de disputes récurrentes. Sera-t-il un jour trié ? Rangé avec les autres ? Jeté ? On s'agace, on s'énerve. Le carton est là, près du radiateur, il gêne quand on passe l'aspirateur, il gêne quand on voudrait ranger autre chose à sa place, il gêne même quand on regarde seulement dans sa direction... Mais on n'ose plus le déplacer à nouveau, la douleur dans le bas du dos est un souvenir trop douloureux. Alors on bouillonne, souvent on extériorise. L'idylle du début devient petit à petit un enfer quotidien. L'enfer du carton plein, l'enfer du carton qui traîne et qui ne sera jamais vidé... On craque, on pleure, on crise. On se promet. On se promet un tri, un changement. On se promet promet des efforts. On se promet ce que l'un comme l'autre on voudrait entendre.... La vie reprend son cours normal.
Et le carton est toujours là, bien ancré sur le plancher, inébranlable. On le regarde et on sourit. L'appartement en lui-même semble emplit de soleil. Pourtant dehors, il pleut. Les petits détails qui nous rendaient dingue deviennent des raisons de se réjouir. C'est comme si tout était harmonie, calme, sérénité. On s'y sent bien dans cet appartement. On s'y sent chez-soi...
Et si ? Et si un jour il nous prenait l'envie de trier ce carton ? Et si un jour, on entrait dans l'appartement, sans retrouver ce tas de cours devant le radiateur ? Et si un jour, le carton était déplacé ? Rangé ? Caché ?
Peut-être qu'il y aurait comme un soulagement... Mais ce serait alors un grand bouleversement !
samedi 27 avril 2013
Aime moi (10)
Deux tours de clé. Les volets ouverts. L’appartement silencieux. Mathéo soupira, posa son sac de sport sous le petit meuble de l’entrée, et se dirigea vers son frigo. Vide. Comme l’appartement. Comme sa tête. Comme sa vie. Ou presque. Il avait Olivier. Olivier qui ne le lâchait jamais. Qui était toujours là, qui le secouait, qui le rappelait à la vie. Qui lui donnait envie de se lever le matin. Avec qui il avait eu cette histoire un peu bizarre, mais qui ne les avait pas séparés. Au contraire. Olivier. Un pote comme on n’en rencontre peu.
- Merde mon téléphone !
Mathéo se précipita sur l’appareil qui clignotait rapidement. Trois appels manqués. Fébrilement, il consulta la liste. Deux numéros cachés, Et un qu’il ne connaissait que trop bien. Il soupira. Pas de message sur le répondeur. Il hésita longuement, avant d’appuyer sur la touche de rappel.
- Bonjour Sophie…
- Bonjour mon grand, comment vas-tu ? Je viens aux nouvelles puisque tu ne m’en donne jamais !
- Je vais bien. Je suis en vacances actuellement. Et là je rentre d’une petite session de grimpe avec Olivier.
- …
- Quoi ?
- Non, rien, je m’attendais à un : « et toi comment vas-tu ? » !
- Sophie ne me force pas, tu as déjà bien de la chance que je te rappelle !
- De la chance ? Si c’est pour que tu fasses ta tête de mule, ce n’était pas forcément nécessaire !
- Si c’est pour qu’on se fâche une fois de plus, je raccroche. A bientôt Sophie, porte-toi bien !
De rage, Mathéo jeta son téléphone à travers la pièce. Il détestait cette femme. Pourtant, c’était la seule famille qui lui restait. La seule ? Non, il y avait Elsa, quelque part. Elsa qui lui avait été arraché, à cause de Sophie. Elsa et son beau regard bleu, ses yeux innocent, son sourire de petite fille. Il prit la photo sur la table du salon entre les mains.
- Je te retrouverai, je te retrouverai...
Avant qu’il ait le temps de s’inquiéter de cette nouvelle crise de folie, son téléphone sonna à nouveau. Chassant l’envie de le jeter par la fenêtre d’un revers de la main, Mathéo souffla profondément et décrocha.
- Mathéo Milera, j’écoute ?
- Vous êtes bien monsieur Milera ? demanda une voix féminine.
- Oui, c’est moi-même, je viens de me présenter. A qui ai-je l’honneur ?
- Mathéo ?
- C’est moi ! Que voulez-vous ? s’emporta le jeune homme.
Sa mystérieuse interlocutrice avait déjà raccroché.
- Merde !
Fou d’une rage presque incontrôlable, Mathéo lança violemment son téléphone contre le mur, qui explosa en une multitude de petites pièces. Il enfuit quelques secondes sa tête dans ses mains. Puis, il reprit son calme, farfouilla dans son bureau, retrouve son ancien téléphone, récupéra la carte Sim à terre et la glissa à l’intérieur. Il appuya sur le bouton marche et le posa soigneusement sur le petit meuble de l’entrée.
- Et un de plus, pensa-t-il tout haut.
Qui était donc cette appelante anonyme ? Immédiatement, il pensa à la jeune fille du train. Son cœur se mit à battre plus vite, et il se rendit compte qu’il transpirait. Mais très vite, sa raison lui revint. Il n’avait jamais donné son nom, ni son numéro. Et comme pour étayer son constat, il déplia la serviette en papier, et enregistra le numéro noté, d’une main maladroite. En guise de nom, et puisque sa mémoire lui faisait défaut, il entra « la fille du train ».
Puis il alla se coucher, tout habillé et enfouit sa tête dans son oreiller.
A des kilomètres de là, Bastien, les yeux rivés sur son écran, apprenait l’accident de son frère Antoine, et le coma dans lequel il se trouvait à présent. Comme pour se rassurer, il caressa longuement le ventre de sa femme, Lisa, qui attendait depuis peu un heureux évènement.
- Si tu es d’accord, il sera le parrain…
Lisa jugea bon de ne rien ajouter. Le silence entre eux exprimait à lui seul toute la peine qui régnait dans leur appartement.
Le silence était aussi éloquent dans la chambre d’hôtes que Lucie occupait depuis son départ de chez Antoine. Avait-elle fait le bon choix ? Les questions se bousculaient dans sa tête, et elle l’avait imaginé cent fois lire sa lettre. Aurait-il le courage de faire ce qu’elle lui avait demandé ? Pourquoi fallait-il que tout soit toujours compliqué pour elle ? Couchée sur le dos, les yeux grands ouverts, elle fit l’inventaire de ce qui l’entourait.
- Merde mon téléphone !
Mathéo se précipita sur l’appareil qui clignotait rapidement. Trois appels manqués. Fébrilement, il consulta la liste. Deux numéros cachés, Et un qu’il ne connaissait que trop bien. Il soupira. Pas de message sur le répondeur. Il hésita longuement, avant d’appuyer sur la touche de rappel.
- Bonjour Sophie…
- Bonjour mon grand, comment vas-tu ? Je viens aux nouvelles puisque tu ne m’en donne jamais !
- Je vais bien. Je suis en vacances actuellement. Et là je rentre d’une petite session de grimpe avec Olivier.
- …
- Quoi ?
- Non, rien, je m’attendais à un : « et toi comment vas-tu ? » !
- Sophie ne me force pas, tu as déjà bien de la chance que je te rappelle !
- De la chance ? Si c’est pour que tu fasses ta tête de mule, ce n’était pas forcément nécessaire !
- Si c’est pour qu’on se fâche une fois de plus, je raccroche. A bientôt Sophie, porte-toi bien !
De rage, Mathéo jeta son téléphone à travers la pièce. Il détestait cette femme. Pourtant, c’était la seule famille qui lui restait. La seule ? Non, il y avait Elsa, quelque part. Elsa qui lui avait été arraché, à cause de Sophie. Elsa et son beau regard bleu, ses yeux innocent, son sourire de petite fille. Il prit la photo sur la table du salon entre les mains.
- Je te retrouverai, je te retrouverai...
Avant qu’il ait le temps de s’inquiéter de cette nouvelle crise de folie, son téléphone sonna à nouveau. Chassant l’envie de le jeter par la fenêtre d’un revers de la main, Mathéo souffla profondément et décrocha.
- Mathéo Milera, j’écoute ?
- Vous êtes bien monsieur Milera ? demanda une voix féminine.
- Oui, c’est moi-même, je viens de me présenter. A qui ai-je l’honneur ?
- Mathéo ?
- C’est moi ! Que voulez-vous ? s’emporta le jeune homme.
Sa mystérieuse interlocutrice avait déjà raccroché.
- Merde !
Fou d’une rage presque incontrôlable, Mathéo lança violemment son téléphone contre le mur, qui explosa en une multitude de petites pièces. Il enfuit quelques secondes sa tête dans ses mains. Puis, il reprit son calme, farfouilla dans son bureau, retrouve son ancien téléphone, récupéra la carte Sim à terre et la glissa à l’intérieur. Il appuya sur le bouton marche et le posa soigneusement sur le petit meuble de l’entrée.
- Et un de plus, pensa-t-il tout haut.
Qui était donc cette appelante anonyme ? Immédiatement, il pensa à la jeune fille du train. Son cœur se mit à battre plus vite, et il se rendit compte qu’il transpirait. Mais très vite, sa raison lui revint. Il n’avait jamais donné son nom, ni son numéro. Et comme pour étayer son constat, il déplia la serviette en papier, et enregistra le numéro noté, d’une main maladroite. En guise de nom, et puisque sa mémoire lui faisait défaut, il entra « la fille du train ».
Puis il alla se coucher, tout habillé et enfouit sa tête dans son oreiller.
A des kilomètres de là, Bastien, les yeux rivés sur son écran, apprenait l’accident de son frère Antoine, et le coma dans lequel il se trouvait à présent. Comme pour se rassurer, il caressa longuement le ventre de sa femme, Lisa, qui attendait depuis peu un heureux évènement.
- Si tu es d’accord, il sera le parrain…
Lisa jugea bon de ne rien ajouter. Le silence entre eux exprimait à lui seul toute la peine qui régnait dans leur appartement.
Le silence était aussi éloquent dans la chambre d’hôtes que Lucie occupait depuis son départ de chez Antoine. Avait-elle fait le bon choix ? Les questions se bousculaient dans sa tête, et elle l’avait imaginé cent fois lire sa lettre. Aurait-il le courage de faire ce qu’elle lui avait demandé ? Pourquoi fallait-il que tout soit toujours compliqué pour elle ? Couchée sur le dos, les yeux grands ouverts, elle fit l’inventaire de ce qui l’entourait.
[A suivre...]
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